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Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

Qui ne connaît pas encore les algues Nori délicieusement utilisées dans la cuisine japonaise? Personne. Ces algues noires sont célèbres dans le monde entier. La majeure partie des algues Nori consommées au Japon sont produites à un seul endroit, la mer d’Ariake. Située à Kyushu, non loin de la ville d’Hiroshima, cette mer intérieure d’une superficie de 1.700 km2 dispose des conditions idéales pour cultiver la Nori.


Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

De par sa situation géographique, la mer d’Ariake est protégée des vents violents et des tempêtes. Ses eaux peu profondes (50 mètres maximum) sont donc plutôt calmes toute l’année. De plus, l’amplitude des marées de la mer d’Ariake sont parmi les plus importantes au monde. On relève des différences de niveau atteignant 6 mètres par endroits!


Inutiles de préciser qu’il est alors facile de récolter les algues à marée basse lorsque les immenses filets sont suspendus au-dessus de vaste étendues de sable. A marée haute, ces filets sont totalement immergés, permettant ainsi aux algues de profiter de l’eau de mer pendant plusieurs heures et 2 fois par jour.


Des conditions optimales pour la photo! Mais comment les mettre à profit?

Que sont les fermes de culture d’algues Nori?

Les côtes de la mer d’Ariake s’étendent sur les préfectures de Saga, Nagasaki, Fukuoka et Kumamoto. Les villes principales sont Kashima, Omuta, Arao et Kumamoto. La mer d’Ariake est reliée au sud à la baie de Shimabara, appartenant elle-même à la mer de Chine orientale.


Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

De nombreuses fermes d’aquaculture indépendantes se partagent les 1.700 km2 de la mer d’Ariake. Toutes ont recours aux mêmes techniques de culture. A savoir, l’usage de longues nattes suspendues entre des piquets de bambous ou de plastique. Ces filets sont placés en lignes et forment des structures géométriques à fleur d'eau quasiment parfaites. Ces formes étonnantes qui apparaissent et disparaissent au gré des marées sont des sujets parfaits pour la photographie de paysages marins en poses longues.

Bien que certains filets restent en place toute l’année, c’est uniquement l’hiver que les algues sont récoltées. A cette époque de l’année, la Nori recouvre ces interminables nattes d’un épais manteau noir qui contraste avec la couleur de l’eau et les ciels laiteux typiques du Japon. C’est donc de novembre à février que vous pourrez photographier les fermes d’aquaculture dans les meilleures conditions.


Si vous vous rendez à une autre saison, rassurez-vous, il existe de nombreux autres spots à photographier autour de la mer d’Ariake et qui sont tout aussi fascinants que les fermes de culture.

Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

Cependant, les quelques filets qui restent en place toute l’année, ne sont pas toujours d’un aspect esthétique remarquable. Dépourvu des algues noires, ces filets ressemblent plus à des vestiges abandonnés qu’à une structure de pêche. Ce qui peut avoir un intérêt selon l'emplacement. En revanche, les forêts de piquets sont quant à elles bien présentes et permettent de réaliser quelques photographies d’un minimalisme absolu pour les amateurs de ce style.


Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

Comment photographier les fermes d’algues Nori autour de la mer d’Ariake?

Si vous avez vraiment décidé de visiter cette région dans l’espoir d’y réaliser une série d’images sur les algues Nori, vous devrez donc impérativement vous y rendre en décembre ou en janvier pour profiter des algues déjà fixées aux filets. Comme indiqué, les fermes d’aquaculture sont présentes tout autour de la mer d’Ariake. Il est tout à fait possible d'en faire le tour en 3 ou 4 jours selon le temps que vous prenez pour photographier.


Mais je conseille vivement de prévoir une semaine minimum sur place car de nombreux autres sites sont également dignes d'intérêt photographique (voir plus bas).

Mais attention, la présence importante de ces fermes d'aquaculture ne signifie pas pour autant qu’elles sont faciles à photographier. En effet, ces étendues de filets caractéristiques que nous venons photographier ne sont pas vraiment en bord de mer. Au contraire, c’est plutôt au large que les conditions sont les plus propices à cette culture.


Il n’est d’ailleurs par rare de voir les pêcheurs se rendre en petite barges dans les allées de filets. Ce qui ruinent évidemment le potentiel photo de ces scènes. Il est aussi difficile voire impossible de préciser des lieux spécifiques où ces étendues de filets peuvent être photographiées. Leurs emplacements varient chaque année.


Il faut donc prendre son temps et parcourir les rivages de la mer d’Ariake en voiture en scrutant l’horizon.

Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

Préparez-vous à photographier vos paysages aquatiques au zoom!

L’éloignement de certaines structures requièrent que nous nous séparions de nos grands-angles favoris pour fixer un télé-objectif ou un zoom sur nos trépieds. Et photographier en poses longues avec de tels objectifs a quelque chose de troublant. L’exercice inhabituel devient vite un challenge car même si la mer d’Ariake est relativement abritée des vents violents, ça ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de vent. Il faut donc être très vigilant à la stabilité de son équipement. Les télé-objectifs et les zooms à longue focale ont de fait une sensibilité plus importante à la prise au vent. Les micro mouvements de l’objectifs se ressentent immédiatement dans l’image. Pour m’être rendu autour de la mer d’Ariake en toutes saisons, je peux confirmer qu’il n’existe pas de moment plus approprié que d’autre. C’est une question de chance.


Japon: photographier les fermes d’algues de la mer d’Ariake

Par ailleurs, l’hiver à Kyushu n’a rien de comparable avec l’hiver dans d’autres régions du Japon. Il n’y fait pas froid et le soleil domine bien souvent. Ce qui rend les poses longues encore plus complexes. Mais nous aimons la complexité technique et les challenges en photographie, n’est-ce pas? Et de toutes façons, nous n’avons pas d’autres choix que de composer avec. La meilleure solution consiste donc à séjourner plusieurs jour et d’effectuer des repérages de lieux. Il suffit ensuite d’y revenir quelques heures avant le coucher de soleil qui arrive très vite au Japon. Il n’est pas rare de voir la lumière baisser drastiquement dès 17 heures et l’usage des filtres ND devient vite compliqué.


Si vous êtes du genre lève-tôt (4 heures du matin), vous pourrez peut-être saisir les premières lumières du jour à travers les filets. Mais ce moment magique ne dure que quelques minutes. Et les déplacements prennent du temps. Beaucoup de temps...

Quels sont les meilleurs spots à photographier autour de la mer d’Ariake?

Même si les fermes d’algues dominent clairement le paysage et sont la raison première de votre visite, vous trouverez de nombreux autres sujets tout aussi intéressants à photographier lors de votre séjour. En voici 3 exemples.


1. Les cabanes de pêche Tanajibu

Les Tanajibu sont des petites cabanes perchées rattachées au rivage par un pont de bois. Elles ne sont pas sans rappeler les cabanes tchanquées du Bassin d’Arcachon en France, toutes proportions gardées. Et plusieurs structures similaires se trouve également le long des côtes normandes.


Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

Ces Tanajibu disposent toutes d’un large filet de forme carrée qui fonctionne avec un système de poulie. A marée haute, ces cabanes sont parfaites pour la photographie. Les imposants piliers nous rappelant combien la marée est importante à cet endroit sont totalement immergés. Les filets sont alors bien souvent relevés et à fleur d’eau. Vous pourrez trouver ces ensembles de cabanes à plusieurs endroits mais tous ne permettent pas de s’en approcher comme on le souhaiterait ou sont malheureusement mal positionnées d'un point de vue photographique par rapport à l’arrière-plan. Nous retiendrons 3 spots de qualité pour photographier ces Tanajibu autour d’Ariake.


* Le premier spot se situe à Yanagawa (Préfecture de Fukuoka), au nord de la mer d’Ariake. Il faut impérativement s’y rendre en voiture. A cet endroit, vous trouverez plus de nombreuses cabanes à l’arrière d’une imposante digue qui s’étend à perte de vue. Une dizaine de Tanajibu sont alignés le long de cette digue et présentent tous des caractéristiques différentes.


Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

Naturellement, les conditions de marée détermineront fortement l’intérêt photographique de la scène. Prévoyez donc de vous y rendre à marée haute ou presque. Faute de quoi, vous risquez de devoir inclure d’imposants éléments en béton dans vos images. Ce site se trouve à 1h30 en voiture (70 km) au nord de Kumamoto en longeant la côte ou à 1h15 en voiture (50 km) à l’est de Kashima. Dirigez-vous vers l'hôtel de Ville de Yanagawa où vous pourrez stationner facilement. Il se trouve à 200 mètres de la digue.



* Le second spot se situe à Tara, sur la côte ouest (Préfecture de Saga), à proximité de la ville de Kashima. Vous y trouverez un seul Tanajibu situé à l’arrière d’une importante aire de détente et un centre d’informations touristiques (Taramachi Sightseeing Information Center). Vous pouvez donc stationner sans problème et y rester aussi longtemps que vous le souhaitez.

Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

A cet endroit, le Tanajibu est située très près du rivage. Il faut donc composer avec un manque de recul. Grand-angle oblige, vous pourrez rendre en images toute l’imposante structure de cette cabane. Ce site est situé à 15 minutes en voiture (11 km) de Kashima, direction sud.


Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert


* Le troisième spot se situe à Kashima, non loin du spot précédent. Vous y trouverez 2 Tanajibu. C’est certainement le meilleur spot. Le dégagement est idéal, l’arrière-plan est totalement dégagé et l’eau est présente quelque soit l’état de la marée. Il y a également un grand parking à disposition. Vous pouvez ensuite vous rendre sur la digue faite de rochers naturels qui dérangent moins que des blocs béton si vous devez les intégrer dans l'image.


Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

C’est de toute évidence le meilleure point de vue possible pour photographier les Tanajibu avec une immense étendue d’eau d’arrière-plan. Les compositions sont aussi plus variées dans la mesure où il est possible de se déplacer aisément sur ces rochers. Ce site se situe à 10 minutes en voiture (7 km) de Kashima, direction sud. Les Tanajibu se trouvent à l’arrière du Centre commercial et station service “Roadside Station Kashima”.

Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

Japon: Les cabanes de pêche Tanajibu sur la mer d'Ariake - Olivier Robert


2. Les Torii du sanctuaire Oouo

Profitez également de votre séjour autour de la mer d’Ariake pour photographier les Torii du sanctuaire de Oouo. Ces 4 Torii, dont 3 sont dans la mer, sont parmi les 5 plus beaux Torii du Japon pour la photographie en poses longues. L’importante marée submerge ces 3 Torii jusqu’à leur moitié, tandis qu’à marée basse, il est possible de s’y rendre à pieds en passant sous ces 3 portes.


Japon: les Torii du sanctuaire Oouo sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

De toutes évidences, ce spot est idéal pour la photo. Non seulement pour les poses longues étonnantes qui résultent de cette scène étonnante mais aussi pour les timelapse qu’il est possible d’y réaliser. Si telle est votre intention, prévoyez alors au minimum 4 heures pour pouvoir saisir la totalité du mouvement de l’eau en timelapse. Cet ensemble de Torii se trouve à Tara. Comment s’y rendre? C’est ici.



3. Le Torii aux 2 lanternes du sanctuaire de Einoo

Autre spot méconnu des photographes jusqu’il y a peu, ce sanctuaire dispose d’un Torii sur la mer flanqué de 2 lanternes de pierre. A cet endroit, la mer monte peu et lentement. Il est possible d’y réaliser des poses longues de qualité si les conditions météo sont favorables.

Japon: Le Torii aux 2 lanternes du sanctuaire de Einoo sur la mer d'Ariake - Olivier Robert

En effet, l’arrière plan est assez encombré et les jours ensoleillés, sa présence peut facilement ruiner votre patience et votre travail. Préférez les jours de brume légère ou les ciels nuageux pour minimiser l’impact de cet arrière-plan. Comment s’y rendre? C’est ici.



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